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En effet, dès le Xe siècle, le peuple italien profitait autant que possible des derniers jours précédant les mortifications du Carême, en se divertissant et en savourant les plaisirs et les joies de la vie. | Moins excentrique que celui de Rio, moins loufoque que celui de Nice, le Carnaval de Venise est principalement synonyme de mystère et de raffinement.
Il reste, bien entendu, depuis plusieurs centaines d’années, une fête populaire qui permet à toutes et tous de s’amuser en ignorant les barrières sociales et les conventions. Mondialement connu, ses origines remontent au Moyen-Âge.  | 
| En 1094, le carnaval était déjà mentionné dans une charte du doge Vital Faliero de Doni et, en 1269, le Sénat prescrivait le fait de considérer la veille du Carême (soit Mardi Gras) comme un jour de fête. C’est ainsi que le Carnaval de Venise sera officialisé à partir de la Renaissance. Chacun peut alors porter un masque et des vêtements d’emprunt, ce qui permet au peuple de côtoyer les nobles, retrouvant ainsi, l’espace d’une journée, une certaine égalité. Progressivement, un déguisement traditionnel s’impose : inspiré par les costumes de la commedia dell'arte, il est dénommé bauta (« domino ») et comprend généralement une cape noire (le tabarro), un tricorne noir et un masque en carton bouilli de forme quadrangulaire (la larva), dont la partie recouvrant le bas du visage pointe nettement vers l'avant, ce qui permet de boire et manger sans avoir à le retirer. | La couleur noire de ce costume a beau évoquer la tristesse dans l’imaginaire populaire, il s’agissait au contraire ici d’indiquer la liberté de parole, la folie autorisée, les joies et les plaisirs secrets. Malgré l’engouement des Italiens pour leur carnaval, celui-ci sera néanmoins interdit par Napoléon durant de nombreuses années (suite à plusieurs problèmes), avant d’être à nouveau autorisé par les Autrichiens. Au cours du XVIIIe siècle, ces festivités connaîtront un succès monumental, transformant la ville en gigantesque bal costumé, porté par les musiques des plus grands compositeurs et interprètes classiques italiens de l’époque (Albinoni, Vivaldi, Farinelli). Pourtant, elles seront supprimées à la fin de ce même siècle, après la chute de la République, pour ne réapparaître qu’en 1979 !
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|  |  | Depuis, le Carnaval de Venise attire des touristes du monde entier, en quête de faste et de frissons, de jeux et de liberté, pour près d’un mois de joyeuse pagaille organisée. Symbole de libertinage mais aussi de farces durant ses années d’apothéose, le Carnaval de Venise est aujourd’hui avant tout prétexte à un défilé de tenues plus sophistiquées les unes que les autres. Les costumes du Carnaval de Venise sont, pour la plupart, d'inspiration historique, traditionnelle ou purement créative. Les déguisements « classiques » n'y ont donc pas cours. À côté des Arlequins ou des Pierrots de rigueur, on trouve ainsi des robes extravagantes dans lesquelles les plumes se nichent subtilement ou s’affichent effrontément. | Groupées sur un vêtement ou isolées au milieu d’une coiffure, les plumes fouets de coq et les plumes d’autruche, blanches ou colorées, ornent ainsi les apparats les plus luxueux avec une grandiloquence et un éclat qui n’appartiennent décidément qu’à Venise. Également utilisées dans des boas chamarrés, en décoration d’accessoires aristocratiques ou sur les incontournables éventails des courtisanes, les plumes s’invitent alors à l’opéra, au théâtre ou au bal. Si le visage est intégralement caché par un masque inexpressif et le corps également entièrement dissimulé sous des toilettes compliquées, l’utilisation ostensible de ces plumes chatoyantes s’accorde avec le but même du masque et du déguisement : celui de dissimuler tout en attirant l’attention. |  |  | Ambassadrices de la frivolité, du raffinement, de la grâce et de la sensualité, elles ne pouvaient que naturellement trouver leur place au milieu de cette envoûtante célébration des sens que constitue depuis toujours le Carnaval de Venise !
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