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| Ne nous y trompons pas : le burlesque qui nous occupe ici n’a rien à voir avec le style humoristique loufoque éponyme. Dans son sens américain, le burlesque est un genre de divertissement populaire, lié aux revues de music-hall. C’est en effet à la fin du XIXe siècle que les spectacles « légers » des cabarets parisiens s’exportent aux États-Unis sous le nom de « burlesque ». Mis à la sauce « cow-boys », ils ressemblent alors plutôt à des spectacles forains itinérants réservés aux adultes, mêlant monstres humains, attractions insolites et « girls-shows » – c’est-à-dire des prestations dansées durant lesquelles les filles dévoilaient plus ou moins leur corps… | Dans les années 50-60, ces danseuses sexy deviennent les « pin-up », filles joliment dénudées qui ornent les magazines, les posters ou les calendriers, et dont l’image aguicheuse et fétichiste (symbolisée notamment par la mythique Betty Page) sera rapidement associée au rock’n’roll – musique provocante et sexy par excellence. |
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| Aujourd’hui, le neoburlesque rend hommage à ces strip-teaseuses, pin-up et danseuses que la démocratisation de l’érotisme et le développement de la pornographie avaient fait tomber en désuétude à partir des années 70. Mais dans les années 90, à la faveur du revival rock’n’roll et du mouvement punk féministe des riot grrrls, le new burlesque prend forme en Amérique. Tout commence vers 1995, dans le milieu lesbien, avec Velvet Hammer, une troupe de Los Angeles qui propose des shows rendant hommage à l’âge d’or des spectacles burlesques mais avec une démarche punk et féministe, caractérisée par un refus du politiquement correct ou de la beauté formatée : loin des créatures trop parfaites des bar à strip-tease californiens, les comédiennes et comédiens de Velvet Hammer proposent des spectacles complets, à base de costumes extravagants, de chorégraphies sophistiquées ou de numéros spectaculaires, qui s’inspirent de la tradition du vaudeville comme on l’entendait au XVIIIe siècle : c'est-à-dire une comédie grivoise associant chants et danses. | Au fil des années, le new burlesque va devenir un courant artistique de plus en plus important, sa renommée grandissante devant notamment beaucoup au physique et à la personnalité hyper médiatisée de la très belle Dita Von Teese – qui est désormais meneuse de revue au Crazy Horse de Paris. Les effeuillages stylisés et glamour de ces danseuses et comédiennes aux physiques variés seront également popularisés grâce au travail de la photographe Katharina Bosse, qui fera découvrir ce mouvement à l’Europe entière via son ouvrage New Burlesque. |
| Tout à la fois spectacle humoristique haut en couleur et show érotique décalé, le neoburlesque célèbre une féminité retrouvée et décomplexée, ainsi qu’un retour au glamour dans un esprit festif. Sur scène, c’est une succession de saynètes exubérantes et de numéros de strip-tease, souvent dansés et accessoirisés – à grand renfort d’éventails géants en plumes d’autruches ou de boas froufroutants. Dans la salle, les spectateurs arborent eux aussi des tenues très « années folles » mais plus mondaines, avec boas chandelles et grands couvre-chefs emplumés pour les dames, costume trois pièces et chapeau haut de forme pour les hommes. |
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| Mis en valeur par ces accessoires colorés, parmi lesquels les plumes tiennent une place essentielle, les corps des artistes burlesques ne répondent pas forcément aux canons en vigueur dans les magazines de mode : rondeurs et tatouages y sont fréquents, comme une affirmation de la féminité sous toutes ses… formes (!). Récemment, le film français Tournée, sélectionné en compétition officielle au festival de Cannes 2010, a donné un nouveau coup de projecteur sur l’univers fascinant du burlesque. Son auteur, l’acteur et cinéaste Mathieu Amalric, déclarait alors, à propos des véritables danseuses/strip-teaseuses qui apparaissent dans son long-métrage : « Ces filles portent la politique dans leur corps, une résistance au formatage qui n'a pas besoin de mots. » Mais peut-être juste de quelques plumes…
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